Commune de Goudomp

Présentation générale de la commune

  1. Historique

Le village de Goudomp aurait été fondé entre 1835 et 1840, période coïncidant avec l’annexion de Birkama, capitale historique des Bainounks, par les Balantes. Plusieurs versions étaient avancées, par les ancêtres, pour justifier l’arrivée des premiers habitants au village de Goudomp : 

Une première accorderait la paternité du village à feu Samba Seydi, chasseur  peulh en provenance de Boundou (Ancien Royaume du Sénégal Oriental). Il se serait installé entre les villages de  Goudomp, Gnéna et Kaour pour pratiquer la chasse de gibiers.

C’est ainsi que le nom du village de Goudomp serait venu de « Koudé » qui signifierait viande en langue Mandingue.

C’est après sa mort, à Singhère, en 1885 que  son frère Demba Oury Seydi s’installera définitivement à Goudomp.

Une seconde version attribuerait la paternité du village de Goudomp à des Balantes venus des villages environnants pour les besoins de récolte de vin de palme. Ils se seraient installés dans l’actuel quartier d’Hamdallaye où ils dégusteraient du vin de palme. En langue balante le mot koudoungbou signifie «  le cabaret sous le tabatier »

Par la suite, plusieurs vagues de populations immigrées marqueront l’histoire du  village de Goudomp. Ce fut d’abord les Diolas dirigés par Sambou Diédhiou ; ensuite les mandingues conduits par feu Fodé Kaba Doumbouya, enfin d’autres ethnies  arrivèrent vers 1940 (Wolof, Mankagne, etc.)

Aujourd’hui, la commune de Goudomp, créée par  le Décret n° 90-1135 du 08 Octobre 1990, n’a pas rompu avec son histoire. Elle a accepté sa diversité linguistique et culturelle tout en ouvrant ses portes aux peuples de l’extérieur, notamment aux populations de Guinée Bissau, de Guinée Conakry, de la Gambie et du Mali.

Son nouveau statut de commune chef lieu de département (Décret n° 2008-747 du 10 Juillet 2008), va plutôt renforcer les nombreux acquis économiques et culturels de cette belle localité de la Moyenne Casamance.

  1. Une situation géographique excentrée par rapport à la capitale régionale, Sédhiou

Située au sud du Sénégal, dans la région administrative de Sédhiou, la commune de Goudomp est bâtie sur un « bas-glacis argilo-sableux » longeant cette partie du fleuve Casamance. Elle couvre une superficie de 6,75 km2 et est limitée à l’Est par le village de Bakonding, à l’Ouest par le village de Pontodosse, au Sud par le village d’Akintou et au Nord par le fleuve Casamance. Sa position géographique lui ouvre des potentialités énormes  et  permet aux populations de développer la culture de riz dans les bas fonds, mais aussi d’exploiter les produits halieutiques disponibles dans le fleuve Casamance.

Toutefois, force est de constater son isolement par rapport à la capitale régionale. En effet, la navigation sur le fleuve Casamance n’est pas facile et constitue le premier obstacle à la circulation des personnes et des biens. La liaison entre Goudomp et la rive nord du reste du département de Sédhiou est assurée par de petites pirogues. Du coup, les populations préfèrent se rendre à Ziguinchor distant de quelques 50 km.

  1. Organisation administrative

Depuis la loi de 2008 modifiant l’organisation administrative de la République  du Sénégal  – Loi érigeant Goudomp en chef-lieu de département dans la nouvelle région de Sédhiou- le statut de la localité de Goudomp a profondément changé. Le nouveau Préfet a pris fonction et est assisté dans ce travail par un adjoint, des sous préfets des arrondissements de Karantabaa, Simbandi Brassou et de Djibanar. Aussi, plusieurs services départementaux de l’administration territoriale ont pris fonction, même s’il faut constater l’absence des Services départementaux de l’Urbanisme, de l’Assainissement, etc.

  1. Des caractéristiques physiques, hydrographiques et climatologiques fortement influencées par la présence du fleuve Casamance

Le territoire communal de Goudomp est essentiellement constitué de plateaux. La terre est sableuse à l’intérieur des continents et argileuse sur tout le long du fleuve Casamance.

Le  climat est de type soudano-sahélien avec une saison de basse température atteignant les 16o C les mois de janvier à février et une autre, chaude, envoisinant les 390c durant  les périodes de juin à octobre.

Le potentiel hydrographique est matérialisé par la présence du fleuve Casamance et de son affluent, le « Lafibolong ». Le  niveau de profondeur de la nappe phréatique est fonction du positionnement sur l’espace communal-la moyenne est  de 15 m de profondeur-.

Quant à la pluviométrie, elle est comprise entre 800 à 1200mm/an pour une saison des pluies qui débute au mois  de mai/juin pour s’interrompre au mois d’octobre.

  1. Des caractéristiques démographiques dominées par la présence de femmes et de jeunes.

La population est estimée à plus de 13.800 habitants en 2002 (projections de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie), compte non tenu des déplacés de la crise qui sévit en Casamance. En réalité, la commune de Goudomp dépasserait largement cette estimation en raison des nombreux villages qu’elle a absorbés.

En effet, le conflit casamançais accroit le nombre de déplacés de guerre en sus des immigrés bissau-guinéens venus s’installer à Goudomp à la recherche d’un mieux être. Il s’y ajoute que les ressources naturelles existantes dans la commune attirent les populations extérieures et impactent considérablement sur la densité de la population urbaine qui a considérablement augmenté, dépassant 2000 habitants au km2 (2002).

On note la présence de Mandingues (45%), de Balantes (20%), de Diolas (15%). Les Manjaques et les Mankagnes représenteraient 10%, les Peulhs, les Ouolofs  et les autres  ethnies représenteraient 10%.

La population est majoritairement constituée de jeunes âgés entre 15 à 20 ans. Au total, les femmes sont plus nombreuses que les hommes, avec plus de 50%.

1.5.Les différentes zones

Pour une plus grande maitrise de la situation  socio-économique de la commune de Goudomp ce, dans le dessein d’une bonne optimisation du diagnostic et des investissements en projections, il s’était avéré pertinent de procéder à une division spatiale de la commune. Ce travail était basé sur les quartiers administrativement reconnus et sociologiquement homogènes. Il s’agissait des quartiers d’Hamdallaye, Sansancono, Diolacounda I et Diolacounda II.  

1.6.Milieu humain

La commune de Goudomp se caractérise par une pauvreté manifeste de sa population. Le revenu moyen journalier par habitant serait inférieur à un dollar américain par jour. Cette situation s’explique par le manque de travail qui touche la quasi-totalité des jeunes. Ces derniers manquent de formation et s’adonnent plus aux activités sportives, même si, aujourd’hui, le secteur de l’éducation  emploie les mieux formés d’entre eux.

Quant au type d’habitat, il convient de relever que la plupart des maisons sont construites en banco. Les populations y vivent depuis des années sous le risque de calamités naturelles. Les ménages sont regroupés en de grandes familles avec en moyenne 15 personnes par concession. Toutefois, il faut constater la réalisation de nouvelles constructions faites principalement par les agents de l’administration, les émigrés, les commerçants etc.